Par Noël Communod

marcozAprès que la fusion de l'université de Savoie dans l'université de Grenoble soit tombée à l'eau, Jean­Jacques Queyranne part à son tour à l'offensive dans un  projet d'université Rhône­Alpes. En toile de fond : toujours une course vers le gigantisme, appuyée par les absurdes critères de Shanghaï. Suivi du dossier étape par étape...


Premier round : avant l’été

L’Université de Savoie est un symbole important pour les Savoyards. Tout aussi important que la Cour d’appel de Chambéry.

Le gouvernement de Sarkozy avait décidé de labelliser et de doter quelques pôles d’excellence. Las, ni Grenoble, ni Lyon n’ont été labellisés. La fusion de l’Université de Savoie avec Grenoble, engagée à cette occasion par le président Angénieux tombait à l’eau. Lors des élections des présidents, le MRS tirait la sonnette d'alarme et incitait activement à l'alternance.  Ce fut l'équipe de Denis Varaschin qui fut élue, en affichant la volonté de maintenir une université de pleins droits.

Je fus le seul élu de Rhône-Alpes à m’opposer au projet de Jean-Jacques Queyranne de créer une « Université Rhône-Alpes » lors de la réunion de toutes les autorités administratives à la région en avril dernier. Ayant demandé à JJQ de venir s’expliquer en commission ESR ; et il est venu en mai 2012 (une première à la région en 12 ans de mandat). J’y ai mené un argumentaire en faveur d'une autonomie d'action de l'université de Savoie et pour qu'elle puisse répondre à sa mission de service public sur notre territoire.

Le 2 juillet, les 7 présidents regroupés au sein du PRES de Grenoble, accompagnés par le recteur, ont décidé une coopération renforcée. Mais si chacun garde soit-disant son autonomie, l’Université de Savoie y perd son identité puisqu’elle sera placée sous la bannière « Université de Grenoble-Alpes ». (Les japonais, parait-il connaissent le nom de Grenoble et pas celui de Savoie… on peut en douter !).

Cette volonté collective des alpins semble surtout une volonté de résister à la main mise sur l’Université grenobloise par JJQ d’une part (Université RA à la mode californienne) et par le CEA.

A noter que les syndicats de l’Université de Savoie (CGT,FSU) , le NPA … ont pris la même position que nous pour s’opposer à la fusion avec Grenoble.

N’étant pas du tout convaincu que le toujours plus grand pour ressembler aux « grands » soit une bonne chose, je ne vois pas où se trouve l’utilité publique d’une Université Rhône Alpes .


Second round : à l’automne

Le mardi 25 septembre, JJQ présentait devant les présidents d’universités, des PRES et de l’Agera le projet d’Alliance de l’Université RA (AURA).

Cette AURA est présentée comme un simple partenariat, une simple coordination qui n’est en rien une tentative de régionalisation de l’Université.

C’est donc une reconnaissance de l’échec de son projet.

Mais en interne, cela pose un autre problème : l’ESR est-il le domaine réservé de Mr Le Président ? En effet, il n’y a pas de VP. Et encore une fois, nous avons appris la création de l’AURA par un communiqué posé sur les tables de la commission ESR qui se réunissait le lendemain.

 Nous apprenions par la presse qu’il avait proposé aux Universités de créer au sein de l’AURA des commissions thématiques afin de les faire participer en amont à la meilleure orientation possible des crédits de la région. C’est exactement ce que nous demandons, nous commissaires ESR(Enseignement Supérieur et Recheche) depuis 2,5 ans.

De plus, il annonce un arbitrage de baisse de 10% du budget ESR. Apprenant la nouvelle en direct, le président de la commission se permet de dire que cette décision n’est pas en cohérence avec les choix gouvernementaux qui sont d’augmenter les budgets esr.

Bref, notre action et celle des nouveaux présidents élus ont fait échec au projet d’Université RA. Si le réseau AURA en soi n’est pas une mauvaise chose, la présidentialisation et la négation du rôle de la commission sont plus inquiétants.


Troisième round : Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche.

A nouveau, le sujet d’ « Université fédérale » fut au centre des débats. JJQ paraissait avoir reculé par rapport à son projet initial, proposant même de sauvegarder les universités « périphériques ». Mais c’était sans compter sur le Préfet de région, monsieur Carenco, qui déclarait : « A l ‘évidence, l’Université Rhône-Alpes a un avenir. Il faut au moins une signature unique, car, vu de Shanghai, l’Université Rhône-Alpes, c’est mieux que l’Université du Bourget du lac ! » lance-t-il avant de prévenir : « Je pense qu’avec 33 établissements on va se planter. Ce sera plus facile si l’on affermit bien les deux pôles de Lyon et Grenoble ». Bref, un beau soutien au projet Queyranne et exit l’Université de Savoie !

Il est à prévoir que le quatrième round se passera à l’assemblée nationale, soit dans le cadre de la loi sur l’enseignement supérieur, soit dans le cadre de la réforme territoriale qui étendra sans doute les compétences régionales en ce domaine.

Ainsi, « il AURA reculé pour mieux sauter et son Université à lui, il l’AURA ! ».

Le MRS sera aux côtés du Président Varaschin et de tous les Universitaires qui veulent que l’Université de Savoie reste autonome. Rappelons qu’elle a les meilleurs résultats de France dans plusieurs domaines et qu’elle est très attractive. + 17% à la rentrée !

Enfin, Noël Communod vient d’être élu à la conférence doctorale de l’Université de Savoie début Octobre.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir