slection_015Lancée en Occitanie il y a quelques années puis adoptée dans de nombreuses régions la journée des langues régionales a eu lieu pour la première fois également en Savoie ce dimanche 31 mars. C’est le centre culturel Bonlieu à Annecy, bien situé entre lac et vieille ville et donc fort fréquenté, qui avait été choisi. De 10 h à 18 h les visiteurs ont pu circuler entre les stands de livres et productions audiovisuelles, écouter des chanteurs et musiciens, dont une chorale de collégiens, participer aux prises de paroles et le cas échéant recevoir un petit diplôme de locuteur. Un défilé avait été envisagé dans les rues de la vieille ville à 16 h, mais l’autorisation en a été refusée, un groupe théâtral ayant déposé sa demande plus tôt.

Avec un peu de retard – alors que beaucoup étaient déjà partis – nous nous sommes quand même rendus avec nos banderoles sur le Paquier, distribuant des tracts, avant de déposer une pétition en préfecture. Car, outre la demande de ratification de la Charte européennes des langues régionales et minoritaires commune aux associations des différentes régions, l’un des objectifs majeurs des organisateurs locaux est la pleine reconnaissance du francoprovençal – appelé aussi arpitan – par l’éducation nationale, avec en particulier le statut de matière à option au baccalauréat.

La journée était organisée par différentes associations culturelles et éducatives, évidemment sans couleur politique particulière. Plusieurs élus ont pris la parole, dont Noël Communod, conseiller régional EELV qui a mis en avant son appartenance au MRS, ainsi que deux jeunes conseillers généraux de Haute-Savoie dont Joël Baud-Grasset - lui-même locuteur et qui suit de près les dossiers relatifs au francoprovençal au département et à l’Assemblée des Pays de Savoie - et, surprise, l’une des maires adjointes d’Annecy. Le linguiste Jean-Baptiste Martin, préposé à l’application du texte d’orientation sur les langues régionales adopté par la région Rhône-Alpes en 2009, avait lui aussi fait le déplacement. Un bon début donc pour la mobilisation en Savoie, certes bien loin des 30 000 personnes présentes à Toulouse, mais qui témoigne de l’existence d’une réelle revendication et de la sympathie des centaines de visiteurs qui ont signé la pétition pour « le savoyard au bac ».

Alain Favre

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