Lettre envoyée aux Maires des Pays de Savoie

 

Madame, Monsieur le Maire,

 

Tout comme vous, nous avons été récemment spectateurs de graves dénis de démocratie provoqués par la mise en œuvre de la loi NOTRe. Dans un premier temps, la fusion des régions qui nous a été imposée aurait du faire l’objet de référendums dans chacun des territoires concernés, en vertu de la charte européenne de l’autonomie locale, ratifiée par la France en 2007. Au mépris du droit européen, cela n'a pas été le cas.

extrait du manifeste du Mouvement région Savoie

L'objectif originel du MRS, même si ce n'est pas le seul, est de contribuer à la mise en place d'une région Savoie institutionnelle, dotée de réelles compétences, afin de mettre en œuvre de la manière la plus efficace les services dont a besoin la population.

La Savoie possède tant de spécificités, qu'elle nécessite à notre sens de s'organiser indépendamment de Rhône-Alpes, dont les centres de décisions sont beaucoup trop éloignés de nos besoins. Le relief des Pays de Savoie, ses vallées profondes rendent difficiles les liaisons. Pour que la démocratie et la transparence puissent s'y exercer, cette région doit avoir une taille humaine. Les citoyens qui le souhaitent doivent pouvoir participer aux débats et y faire valoir leur opinion.

Le projet de région Savoie consiste à rassembler et fusionner les deux départements 73 et 74, et d'y associer toutes les communes du pays de Gex, du Bugey et de l'Isère limitrophe qui le souhaitent. En particulier, l'ensemble des communes de la couronne genevoise situées sur le territoire français pourrait être rassemblé sous la même entité territoriale.

Avec plus de 1,2 millions d'habitants et plus de 10 000 km², les Pays de Savoie ne constitueraient ni la plus petite, ni la moins peuplée des régions métropolitaines françaises. Ils pourraient être comparés à l'Alsace par sa taille, sa démographie, et son dynamisme.

Notre conviction est que la région est le lieu le mieux adapté pour gérer des questions majeures de vie locale et d'aménagement du territoire, qui sont autant d'enjeux pour le XXIème siècle : que ce soit le développement des infrastructures de transports publics, le développement et la distribution des énergies renouvelables, le développement d'une activité intellectuelle et scientifique à travers l'université, l'accès à l'éducation et la formation professionnelle, un accès équitable à des soins de qualité et à la solidarité sociale, la promotion de la culture...

Tous les grands pays européens se sont tôt au tard orientés vers une organisation en régions autonomes et émancipées. Les länder allemands, cantons suisses, régions autonomes d'Italie, d'Espagne, d'Autriche, forment aujourd'hui les exemples d'un modèle européen. La France est le dernier État-nation européen à être encore autant centralisé. A l'heure de l'internet, l'ouverture de l'information nous permet, au-delà des rhétoriques jacobines, de découvrir ce qui fonctionne mieux ailleurs. Les moyens sont là. Le temps du changement est venu.