Lettre envoyée aux Maires des Pays de Savoie

 

Madame, Monsieur le Maire,

 

Tout comme vous, nous avons été récemment spectateurs de graves dénis de démocratie provoqués par la mise en œuvre de la loi NOTRe. Dans un premier temps, la fusion des régions qui nous a été imposée aurait du faire l’objet de référendums dans chacun des territoires concernés, en vertu de la charte européenne de l’autonomie locale, ratifiée par la France en 2007. Au mépris du droit européen, cela n'a pas été le cas.

Le Mouvement Région Savoie et la fédération Régions et Peuples Solidaires soutiennent la candidature de Christian Troadec à l'élection présidentrielle 2017.

 

Les candidats à l’élection présidentielle de 2017 sont nombreux. Ils se ressemblent tous sur un point : ils trouvent normal que le pouvoir soit concentré entre les mains de quelques uns, en un seul lieu.

La France est incapable de faire confiance à ses citoyens, à ses territoires, à ses régions à ses communes et communautés de communes.

"Je suis candidat pour dire que les choses ne changeront sur le plan économique, social, écologique, culturel, que si l’on réforme en profondeur ce système qui concentre entre si peu de mains tous les pouvoirs."

La plupart de ceux qui « décident » se trouvent à Paris. C’est tout le processus de décision qui est malade du centralisme. Cette maladie gagne aussi les métropoles régionales. Elle touche aussi les médias. Nous sommes le pays le plus centralisé d’Europe en ce domaine. Tout se concentre dans un petit espace ; Ce sont les mêmes qui passent d’un monde à l’autre : de la politique à l’économie, de la politique aux médias, des médias à l’économie, de l’économie à la politique.

"Je suis candidat pour dire qu’il est temps de faire confiance à toutes les femmes et à tous les hommes qui composent la société, et qui s’organisent là où ils vivent, dans leurs territoires."

La région parisienne et ses habitants ne sont pas en cause. Il s’agit de réformer un système qui, à force de concentrer tous les pouvoirs les exerce mal.

Ce centralisme est étouffant et il coûte cher à tous ; aux habitants des régions ainsi qu’aux habitants d’Île de France. Ces derniers subissent les inconvénients d’une mégalopole qui se crée plus de problèmes au quotidien qu’elle n’en résout (transports, pollution, logement, qualité de vie…).

Sur nos territoires l’absence d’autonomie entrave la mise en place de solutions innovantes et adaptées aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. L’administration centrale, déconnectée des réalités, est toujours méfiante, souvent condescendante et méprisante. Tous les élus le vivent au quotidien : elle s’arrange pour ne jamais rien lâcher.

Notre pays se recentralise. La dernière réforme des régions n’apporte, ni économies, ni efficacité, ni simplicité. En revanche, elle va détruire des territoires entiers. Tout concentrer à Paris, tout faire converger vers Paris (pouvoirs, aménagements culturels, médias, administration, système centralisé de transports…) coûte cher.

Les autres candidats vous diront que pour assurer l’égalité il faut un système uniforme et centralisé. Si c’était vrai, nous serions les champions de l’égalité ! J’affirme le contraire : les inégalités territoriales accentuent les inégalités sociales (accès à un emploi, accès à la formation, accès à la culture, aux transports de qualité, à un environnement préservé…)

Je vous propose de remettre en cause ce système.

" Il faut déléguer, faire confiance, aux territoires et aux citoyens. L’égalité c’est le fruit de la solidarité, voulue et organisée par tous et pour tous ; une solidarité sociale, et entre les territoires aussi."

Les solutions ne peuvent être les mêmes partout, parce que les problèmes sont différents selon les régions, selon que l’on est au Nord, au Sud, près de la mer, en zone de montage, en zone urbaine ou en territoire rural. Je suis le candidat qui dira clairement que les territoires ne peuvent être traités de façon uniforme.

Laissons-les faire, rendons leur l’initiative, respectons leur identité !

Les grands sujets du moment sont au cœur de nos préoccupations. Ils nécessitent la participation de tous : l’emploi, la juste répartition des richesses et la justice sociale, le logement, la solidarité, la qualité de notre environnement, le changement climatique, la mutation énergétique, les transports, la culture, l’avenir de nos langues régionales, l’urbanisme, la formation, l’Europe, nos relations avec le reste du monde et en particulier les pays pauvres…autant de sujets qui concernent toutes nos régions.

Je suis un élu local, maire de Carhaix, une commune bretonne de 8000 habitants. C’est de façon collective que nous avons défendu le service public (hôpital, maternité) fait venir des emplois et aussi créé un festival de musiques actuelles parmi les plus grands d’Europe (Les vieilles charrues).

Nos propositions sont faites pour poser ensemble les bonnes questions, être plus imaginatifs, plus audacieux et plus novateurs aussi. Remettre le débat politique entre les mains de chacun d’entre nous est le seul moyen pour répondre à ce besoin de diversité et de solidarité qui s’exprime avec plus de force chaque jour.

" Notre projet est un remède contre les idées noires et le repliement passéiste qui se développent en France comme ailleurs en Europe. "

 

Suivez Christian Troadec sur http://christiantroadec2017.fr/

extrait du manifeste du Mouvement région Savoie

L'objectif originel du MRS, même si ce n'est pas le seul, est de contribuer à la mise en place d'une région Savoie institutionnelle, dotée de réelles compétences, afin de mettre en œuvre de la manière la plus efficace les services dont a besoin la population.

La Savoie possède tant de spécificités, qu'elle nécessite à notre sens de s'organiser indépendamment de Rhône-Alpes, dont les centres de décisions sont beaucoup trop éloignés de nos besoins. Le relief des Pays de Savoie, ses vallées profondes rendent difficiles les liaisons. Pour que la démocratie et la transparence puissent s'y exercer, cette région doit avoir une taille humaine. Les citoyens qui le souhaitent doivent pouvoir participer aux débats et y faire valoir leur opinion.

Le projet de région Savoie consiste à rassembler et fusionner les deux départements 73 et 74, et d'y associer toutes les communes du pays de Gex, du Bugey et de l'Isère limitrophe qui le souhaitent. En particulier, l'ensemble des communes de la couronne genevoise situées sur le territoire français pourrait être rassemblé sous la même entité territoriale.

Avec plus de 1,2 millions d'habitants et plus de 10 000 km², les Pays de Savoie ne constitueraient ni la plus petite, ni la moins peuplée des régions métropolitaines françaises. Ils pourraient être comparés à l'Alsace par sa taille, sa démographie, et son dynamisme.

Notre conviction est que la région est le lieu le mieux adapté pour gérer des questions majeures de vie locale et d'aménagement du territoire, qui sont autant d'enjeux pour le XXIème siècle : que ce soit le développement des infrastructures de transports publics, le développement et la distribution des énergies renouvelables, le développement d'une activité intellectuelle et scientifique à travers l'université, l'accès à l'éducation et la formation professionnelle, un accès équitable à des soins de qualité et à la solidarité sociale, la promotion de la culture...

Tous les grands pays européens se sont tôt au tard orientés vers une organisation en régions autonomes et émancipées. Les länder allemands, cantons suisses, régions autonomes d'Italie, d'Espagne, d'Autriche, forment aujourd'hui les exemples d'un modèle européen. La France est le dernier État-nation européen à être encore autant centralisé. A l'heure de l'internet, l'ouverture de l'information nous permet, au-delà des rhétoriques jacobines, de découvrir ce qui fonctionne mieux ailleurs. Les moyens sont là. Le temps du changement est venu.